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Les parents viennent en féliciter Tomatis et celui-ci remarque qu'une phrase revient régulièrement dans leurs commentaires : ''Mon fils lit maintenant beaucoup mieux !". Il n'en faut pas davantage pour que s'ébauche une nouvelle théorie, C'est l'une des plus surprenantes de toutes, l'une des plus difficiles à avaler pour les esprits sceptiques. Elle tient tout entière dans cette formule paradoxale : "on lit avec son oreille''. ''Oui, commente Alfred Tomatis, l'oreille est la voie royale du langage. Commente je l'ai écrit dans mon livre, le signe écrit n'est rien en soi qu'un son à reproduire et il ne semble pas extravagant de comparer l'écriture à un enregistrement sonore. L'écriture apparaît assurément comme la première ''bande magnétique'' ; elle est cet emmagasinement de sons que le génie humain a su fixer pour la première fois dans l'histoire des civilisations... L'oreille est un organe dont le pavillon est ouvert à tout ce qui est langage, Même lorsque ce langage est écrit !". Immédiatement, notre chercheur entrevoit
une application pratique de cette idée : le traitement des dyslexiques,
qui sont un million cinq cent mille
en France. Déjà, plus beau, c'est que les résultats
dépassent les espérances ! Non seulement l'enfant fait des
progrès en lecture, mais il parle mieux, il mémorise mieux, il se
concentre davantage, il est plus dynamique, plus libéré, il semble
plus heureux de vivre. C'est, d'après Tomatis, que l'individu est une unité et qu'on ne touche pas à l'oreille sans toucher à l'être tout entier, parce que l'oreille est l'organe directionnel par excellence. Elle nous fait communiquer avec le monde environnant, avec les autres et aussi avec notre propre Moi. Il est possible qu'elle véhicule la relation affective fondamentale entre une mère et son enfant, lorsque celui-ci baigne encore dans le milieu utérin. Que la communication commence bien avant la naissance, c'est ce que les psychanalystes avaient déjà mis en lumière. Alfred Tomatis prend le relais. Il lance l'hypothèse que ''lorsque la relation ne s'est pas réalisée entre la mère et l'enfant in-utero, le langage risque de ne pas être enclenché, et même parfois de ne pas exister''. L'enfant n'est pas né au langage. On peut y remédier en réalisant - expérience fantastique qui résonne de tous les mythes de la science-fiction - un ''accouchement soniques" : le passage de l'audition en milieu aquatique (celui de l'embryon plongé dans le liquide amniotique) a l'audition en milieu aérien. En ces séances étonnantes, on voit l'enfant ''renaître'' au sens propre du terme.
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