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Dès 1954, grâce à l'introduction de bascules électroniques, cette oreille artificielle était en mesure de fonctionner de manière satisfaisante. Elle porte aujourd'hui le nom d' ''Oreille Électronique à Effet Tomatis'' ; mais cela, ce n'est pas au Dr Tomatis qu'on le doit, ''L'oreille Électronique, écrit celui-ci, permet de créer un conditionnement qui oblige l'oreille à acquérir sa posture d'écoute, par tension tympanique, grâce à une régulation des deux muscles de la caisse du tympan, muscles du marteau et de l'étrier, qui assurent par le jeu d'adaptation d'impédances, le passage du son dans l'oreille interne, lieu où se fait l'analyse au niveau du premier relais cellulaire de décryptage du codage verbal. Elle comprend, en particulier, deux canaux rejoints par une bascule électronique qui conduit le sujet d'une audition mal accommodée, en même temps qu'un autre jeu de portes électroniques libère préférentiellement le canal auditif droit, ce qui ne veut pas dire que le canal gauche soit éliminé, comme on pourrait le croire. mais signifie simplement qu'il n'assure pas la même fonction de vigilance à l'écoute. L'ensemble est complété par un microphone, des écouteurs, des amplificateurs gui jouent sur les deux canaux, et d'une source sonore constituer le plus souvent par une bande magnétique enregistrée et montre sur un magnétophone de grande qualité. Le traitement se poursuit pendant dix minutes. Le deuxième jour, pendant vingt minutes. Au bout d'un mois, le sujet émet des sons de vocalisme professionnel parce qu'il est conditionné à s'auto-écouter comme entend un homme dont l'audition est particulièrement adaptée.
Au départ cependant, il ne
s'agissait encore que d'aider des chanteurs à rester ou à redevenir
maîtres de leur art. L'usage de la machine était donc assez restreint.
C'est un hasard heureux qui fera entrevoir à son inventeur toute
l'étendue de ses possibilités. "Un jour, raconte-t-il, un grand
comédien vint me voir parce qu'il avait perdu sa voix. On l'avait
aiguillé sur moi parce que c'était un ancien chanteur. Je ne savais
rien sur la voix des comédiens. J'ai donc agi comme pour un chanteur :
je lui ai imposé l'oreille de Caruso; il s'est mis à parler de façon
extraordinaire et bientôt tout est rentré dans l'ordre. Aujourd'hui,
ce comédien est disparu mais on se souvient encore de la beauté de sa
voix : c'était Daniel Sorano. En cours de traitement, Je lui ai supprimé l'oreille droite pour voir ce qui allait se passer : je l'ai vu se mettre à bégayer devant moi. En bonne logique, je me suis demandé si les bègues n'étaient pas tout simplement des gens qui avaient perdu l'oreille directrice. Fort de cette hypothèse, j'ai pu en soulager quelques-uns. Heureusement, il y en eut pour résister au traitement. Ces échecs me prouvèrent qu'il me restait encore bien des choses à comprendre. J'ai donc persévéré''. Dès lors, petites trouvailles et grandes découvertes vont se précipiter à un rythme accéléré, s'enchaînant les unes aux autres comme les éléments d'une démonstration bien conduite. La force du Dr Tomatis, c'est de ne pas se contenter de ce qu'il a. Il faut toujours qu'il pousse à l'extrême les conséquences de ses observations et de ses théories. En 1954, plusieurs chanteurs vénitiens viennent le consulter parce qu'ils n'arrivent pas à prononcer le ''r'' italien. lls disent tous ''l" Ors ils parviennent à corriger ce défaut lorsqu'on les conditionne à s'auto-écouter comme Caruso. ''J'ai pensé que s'ils étaient muets en ce qui concerne une seule lettre, c'est qu'ils étaient sourds à cette lettre. Je me suis donc demandé s'il n'y avait pas une sélection auditive propre aux Vénitiens. Et s'il y en avait une propre aux Vénitiens, il devait y en avoir une propre aux Milanais, une propre aux Napolitaine, etc.., "Ainsi, naquit l'idée qu'à travers l'espace, les différents groupes humains avaient chacun une oreille bien particulière caractérisée par sa bande de sélectivité. Des études plus poussées devaient confirmer cette hypothèse. |
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