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es deux premier mots de notre vocabulaire sont bien ''mama"
et ''papa",
mais ils ne désignent pas primitivement la maman et le papa.
Ils apparaissent de façon très mécanique et représentent la première
chaîne verbale. Dans cet autre volet, le Professeur Tomatis
poursuit son étude consacrée à
l'apprentissage des sons par
l'enfant.
Le Professeur Tomatis fit un
jour, fortuitement, une découverte qui allait se révéler extrêmement
féconde. Il se rendit compte qu'en faisant passer un
sujet des conditions de l'audition en milieu aquatique (qui est celle
du fœtus baignant
dans le liquide amniotique) aux conditions
de l'audition en milieu aérien (notre milieu naturel), on réalisait
un véritable ''accouchement" par le
son. Le sujet, par exemple,
pouvait revivre sa mise au monde, régresser à des étapes
antérieures de développement. Des réactions psychologiques profondes
étaient enregistrées.
Cette première
expérience ouvrait la porte à des recherches extrêmement
neuves. On pouvait raisonnablement se demander
si,
en domestiquant cette
technique encore sauvage, on ne parviendrait
pas a contrôler les réactions obtenues, ce qui permettrait de les
utiliser à des fins curatives.
Alfred
Tomatis, il ne faut pas l'oublier,
est un homme pour qui guérir est la première des préoccupations.
Chercheur passionné, défricheur de
terres vierges, 11 n'oublie jamais gu'il est médecin. Lorsqu'il
fit les constatations qu'on vient d'évoquer, Il entrevit immédiatement
les possibilités qui, à partir de là, s'offraient dans le
domaine de la psychologie, de Ic psychiatrie et de la psychanalyse.
N'étant pas spécialiste de ces questions, il se garda bien de
jouer de l'apprenti-sorcier et se contenta d'exposer ce qu'il avait
vu à des orfèvres en la matière.
Ces observations, bien sûr, ne pouvaient que soulever
l'intérêt des psychanalystes,
spécialement curieux des relations mère-enfant, de
la genèse de l'affectivité, de la vie psychologique antérieure à la naissances etc...
Intriguée, séduite, une représentante de cette corporation (
généralement soupçonneuse à l'égard des idées qui ne prennent pas naissante en son sein) finit par lui rendre
visite, accompagnée d'un de ses
patients.

Il s'agissait, raconte le Professeur, d'un enfant ahurissant : un
gros poupard de quatorze ans qui
semblait repousser sa mère comme s'ils
étaient deux électro-aimants de même polarité ! Il avait une mimique
: on aurait dit qu'il fêtait sans arrêt quelque chose... Je n'avais
jamais vu de cas de ce genre; la psychanalyste m'apprit qu'il
s'agissait d'un schizophrène. Je lui ai demande davantage d'explications
et elle a eu cette formule : ''C'est un enfant qui n'a pas
accouché''. Je comprenais maintenant pourquoi elle venait me
voir.
Quinze jours plus tard, ayant
enregistré la voix de la mère et ayant mis
au point mon système, je réunis tout le monde dans mon laboratoire. Je
me mets près de la porte. La mère s'installe à ma gauche
avec la psychanalyste. L'enfant, lui, était un peu angoissé car
la pièce était toute petite et il gribouillait partout avec de la craie qu'il avait trouvée. Subitement, j'ai
fait sortir le son. Je ne voulais pas
encore réaliser l'accouchement sonique, mais simplement faire
entendre des sons filtrés, semblables aux impressions acoustiques
que le fœtus peut avoir en milieu utérin.

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