|
|
||
|
III. -
. 8 - L'analyse de ces phénomènes permet d'assigner une correspondance grossière, mais nette, entre les bandes de fréquences modifiées et les groupes musculaires sur lesquels s'exercent les rétroactives. Il est très remarquable que, dans cette correspondance, la fréquence de coupure du pavillon pharyngo-buccal joue le rôle essentiel (1). - a) En augmentant l'intensité des harmoniques supérieurs à la fréquence de coupure, le larynx répond seul par un accroissement du tonus d'accolement des cordes vocales (ce qui accroît le mordant de la voix, donc l'intensité des harmoniques aigus précisément supérieurs à cette fréquence). Phénomènes inverses en agitant par diminution. - b) En agissant sur les harmoniques inférieurs à la fréquence de coupure, on ne modifie plus le tonus du sphincter laryngien, mais on détermine exclusivement des adaptations posturales du pavillon pharyngo-buccal. En particulier. si on agit sur Ia bande de fréquences de 1200-1800 cycles, en plus ou en moins, on provoque une diminution ou une augmentation de la nasalisation (2) c'est-à-dire une élévation ou un abaissement du voile. En agitant sélectivement sur les zones tonales formantiques elles-mêmes, on provoque des adaptations pharyngées ou buccales (qui, le plus souvent, ne font que s'amorcer).
(1)
Quand un pavillon sert è l'extériorisation d'ondes sonores issues
d'une source (cas de l'organe vocal humain), les ondes dont la
fréquence est inférieure à une certaine limite relancent l'air du
pavillon "en blocs", sans propagation sensible ; ou-dessus de
cette fréquence limite (dite "de coupure"), les ondes se
propagent effectivement dans le pavillon, et s'extériorisent mieux ; les
conditions de la résonance sont très différentes dans les deux cas. En ce qui concerne le pavillon phoryngo-buccal. la fréquence de coupure est de l'ordre de 2200-2500 cycles ; en dessous de cette fréquence, deux résonances sont grosso modo accrochées dans le pavillon, l'une dans le pharynx, l'autre dans la bouche, et confèrent au son sa "vocabilité" ; au-dessus de cette fréquence, les conditions de la résonance ne paraissent plus se réaliser, et les harmoniques (ou partiels) se propagent sans altération sensible. (2) Nous avons subsidiairement démontré que. lorsque le voile s'abaisse de façon partielle. la nasalisation qui apparaît ne résulte nullement de l'apport de "résonances nasale" (ou formants nasalisateurs) comme on l'a toujours admis à priori ; les cavités sus-vélaires jouent dans ces conditions le rôle de "filtre enlève-bande", portant sur la bande 1000-1800 pour les grands rhino-pharynx, et 1200-2000 pour les petits. Inversement, si dans une voyelle ,nasalisée, on augmente suffisamment les intensités dans cette bande, la nasalisation disparaît. |
||