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Cette fois, c'est un spécialiste des nourrissons, André Thomas, qui lui prouve qu'il est sur la bonne voie. "Il s'agit, reprend le Professeur, de la fameuse expérience du ''signe du prénom". Avant que l'enfant ait dix jours, on l'assied, par exemple, sur une table, et l'on prononce son prénom. Il ne réagit pas tant que ce n'est pas sa mère qui parle, mais lorsque celle-ci se met à prononcer son prénom, le nourrisson dirige son corps vers elle et tombe de son côté. Il s'agit là, assure André Thomas, d'un fait qu'on peut constater de façon permanente. Manifestement, on est à nouveau en présence d'un tropisme''. Certes, et la comparaison avec le précédent s'impose. Lorenz avait parlé aux oeufs ! les canetons réagissent au son de la voix. Si le petit enfant réagit au son de la voix de sa mère, c'est probablement parce que celle-ci lui a parlé quand il n'était encore qu'un embryon d' homme. Cela ne signifie pas nécessairement qu'elle se soit adressée directement au fœtus, comme à un interlocuteur, mais simplement que celui-ci se trouve en rapport étroit avec la voix maternelle, du fait même de sa localisation. ''La mère, remarque A, Tomatis, fait son enfant, lui donne un nid en elle-même, le nourrit, le prépare à la vie par un dialogue, fait de tous les contacts qu'elle peut avoir avec lui ; la communication sonore en est le principal. La mère se révèle au fœtus par tous ses bruits organiques, viscéraux et surtout par sa voix. L'enfant tire toute la substance affective de cette voix qui parle... Il en est imbibé, imprégné, il intègre ainsi le support de sa langue maternelle". La voilà donc, la première communication audio-orale l Une communication où l'embryon, lorsque tout se passe bien, puise un sentiment de sécurité grâce auquel il peut s'épanouir harmonieusement. Dès lors, il était tentant de penser que le désir de communiquer n'était que le désir de ne pas rompre, ou éventuellement de renouer une relation (entre autres, acoustique) aussi satisfaisante avec autrui. UNE VOIX QUE NOUS ATTENDONS COMME LE BIBERON...
De la naissance à la maturité, par exemple, l'"ouverture'' de l'oreille est progressive. D'autre part, l'accouchement en lui-même apporte une modification fondamentale dans l'écoute parce que l'oreille, adaptée au milieu liquidien de la vie intra-utérine, doit brusquement s'accommoder a un milieu aérien. ''Avant la naissance, note le Docteur Tomatis, les trois parties de l'oreille, externe, moyenne et interne, sont donc acoustiquement adaptées aux mêmes fréquences, qui siègent en grande partie au-delà de 8.000 hertz. A la naissance, on assiste à un véritable accouchement sonique. Les deux premiers étages de l'oreille du nourrisson, l'oreille externe et l'oreille moyenne vont devoir s'adapter aux impédances de l'air environnant tandis que le troisième étage que représente l'oreille interne garde son milieu liquidien... Les premiers jours après la naissance laissent cependant l'enfant dans un état de transition sur le plan de la vie sonique. En effet, l'oreille moyenne, et en particulier la Trompe d'Eustache, garde pendant dix jours du liquide amniotique, si bien que les deux étages - oreille moyenne et oreille interne - restent accordés aux mêmes fréquences, celles du milieu liquidien... |
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