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L'un deux, par exemple, s'était mis en tête de découvrir comment ce merveilleux instrument de communication, le langage, venait aux hommes. Dans ce beau rêve, il avait été précédé par des légions de philosophes. Mais lui, croyait avoir trouvé le moyen d'en finir une fois pour toutes avec ce mystère. Le truc. Il suffisait de prendre les enfants à la naissance, de les isoler de tout contact avec des êtres doués de parole et d'attendre patiemment qu'ils se mettent à parler. Le premier mot doté de signification qui sortirait de leur bouche serait, à n'en pas douter, le chaînon initial de toute parole : ''l'origine du langage'' ! Le royal expérimentateur ne fut pas déçu. Ce premier mot, un jour, fut prononcé et c'était, à ce qu'on dit, celui qui signifiait ''pain". Naturellement, il est rigoureusement impossible que les choses se soient passées ainsi. Cette histoire édifiante n'est qu'un mythe, l'un des nombreux mythes engendrés par l'humanité dans son lent cheminement vers la Connaissance. Mais alors, quelle réponse apporter à l'énigme ? Il n'y a pas si Iongtemps, l'étude du langage était encore le domaine réservé de quelques spécialistes, les linguistes, dont la plupart des travaux ne rencontraient qu'une indifférence polie. Mais, brusquement tout a changé. Le langage est aujourd'hui au centre des préoccupations des psychologues, des sociologues, des psychanalystes, des mathématiciens, des ingénieurs et même des gens de la publicité qui demandent aux linguistes des recettes pour mieux vendre la crème à raser ou Ia soupe en sachets. Oto-rhino-laryngologiste, Alfred Tomatis s'est lui-même passionné pour ces problèmes. Dans une certaine mesure, il a même redonné une actualité, je devrais dire une virginité, à la vieille question de l'origine du langage, dont on s'était finalement détourné, faute de lui trouver une réponse satisfaisante. Mais il la pose à sa manière, à un niveau délibérément modeste. Il ne s'agit plus de déterminer dans quelles circonstances un être humain a pour la première fois accédé au stade de la parole, mais seulement de se demander deux choses. Premièrement: comment l'homme parvient-il à produire des sons articulés ? Deuxièmement : pourquoi ressent-il le besoin d'en produire ?
Ce n'est pas du tout du côté de la physiologie qu'il faut chercher la solution. ''Rien n'est moins physiologique que de parler !" affirme-t-il. Et il s'explique : ''Sans doute est-ce là un phénomène humain, mais il n'existe pas pour autant d'organe physiologiquement préconçu à cet effet. Rien, il est vrai, dans le catalogue de nos accessoires, n'est réellement destiné à cet usage. Nous avons été munis, certes, d'un appareil digestif ; nous avons été dotés aussi d'un appareil respiratoire, mais rien ne nous a été spécialement délivré pour le langage, le langage oral s'entend. Quel agencement savant, quelle combinaison invraisemblable il a donc fallu pour atteindre ce but ! Un premier ensemble fait d'une partie de l'appareil digestif : les lèvres, la bouche, le voile du palais, la langue, les dents, et un second se rattachant à l'appareil respiratoire ; le larynx, les fosses nasales, le poumon. le diaphragme, la cage thoracique, se sont rassemblés à des fins acoustiques". |
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